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LÉGISLATIVES – Didier Le Bret, candidat aux législatives de la 9e circonscription des français de l’étranger

Au lendemain des élections présidentielles qui ouvrent la voie au huitième président de la Ve République : Emmanuel Macron ; les français doivent reprendre le chemin des bureaux de vote pour élire cette fois leurs députés. À l’étranger, les élections législatives françaises se dérouleront les 4 et 18 juin 2017. Concernant la neuvième circonscription (Maghreb et Afrique de l’Ouest), 27 candidats briguent le mandat de député pour représenter les français établis dans les 11 pays de cette subdivision. Qui sont-ils ? Que défendent-ils ? Quelles sont leurs motivations ? Aujourd’hui lepetitjournal.com Dakar vous propose de rencontrer le candidat Didier Le Bret. 

5 Questions à Didier Le Bret, candidat aux législatives de la 9e circonscription des Français de l’Étranger :

 

LPJ Dakar – Pouvez-vous nous résumer votre parcours et nous préciser quelles ont été vos motivations pour entrer en politique ?

D.LB – Vingt-cinq années au service de la diplomatie française, vingt ans d’expatriation sur presque tous les continents : Europe, Afrique, Amérique, Océanie…Et j’ai eu la chance de couvrir un large spectre de missions : l’aide au développement, la francophonie, l’humanitaire, la négociation multilatérale. Plus récemment, comme ambassadeur, puis comme directeur du centre de crise du Quai d’Orsay, et tout récemment encore aux côtés du Chef de l’État pour lutter contre le terrorisme, j’ai consacré l’essentiel de ma vie professionnelle à me battre pour la sécurité de nos compatriotes à l’étranger. Cette mission de député, je l’envisage comme un service civique. J’ai construit une carrière en dehors de la politique. Cette nouvelle mission, plus politique, pour moi, c’est avant tout un engagement citoyen. Je souhaite désormais mettre au service des Français d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb l’expérience professionnelle et humaine acquise auparavant.

– Être député de la 9e circonscription, qu’est ce que ça représente pour vous? Quels sont vos liens avec cette circonscription?

Le député de la 9ème circonscription devra contribuer à faire du prochain mandat une chance pour les Français de l’étranger. Il devra défendre tous les Français sur tous les sujets : la sécurité, l’école, la santé, la fiscalité, les pensions, la francophonie…Il devra également contribuer à relancer la dynamique d’intégration entre la France et l’Afrique. Au moment où l’Afrique s’éveille, il serait pour le moins paradoxal que la France regarde ailleurs. J’ai eu la chance de vivre en Afrique. J’ai dirigé en 2005 l’un des postes de coopération les plus importants au monde : à Dakar. Ce fut l’occasion pour moi de vivre sur le terrain cette Afrique en mouvement, l’essor de sa jeunesse, l’élan démocratique. J’ai pu également prendre la pleine mesure de ce qui marche et ne marche pas dans les politiques d’aide au développement. J’en tire un enseignement : il faut de l’humilité, ne rien imposer qui ne soit demandé, compris, et surtout, qui corresponde à un besoin réel. Cela paraît évident. Dans la réalité, malheureusement, c’est trop souvent la politique de l’offre qui l’emporte… Sinon, mes liens avec cette région du monde sont également familiaux. Ma mère est née à Oran, où elle a vécu les premières années de sa vie. Toute la famille s’est ensuite installée à Casablanca pendant près de trente ans.

– Quelles sont vos 3 priorités/propositions parmi les problématiques concernant les Français vivant à l’étranger (emploi, fiscalité, éducation, culture, représentation, administration…) ?

La première des priorités c’est l’éducation pour les plus jeunes, les citoyens de demain. La hausse des frais de scolarité rend son accès de plus en plus difficile pour nombre de familles modestes. Il faut impérativement en limiter la hausse. Et par ailleurs, deuxième problème majeur, pour maintenir un niveau d’excellence de nos établissements, il nous faut absolument continuer de recruter en nombre suffisants des enseignants bien formés. A terme, tout cela devra se traduire par une révision à la hausse du budget de l’AEFE.

La santé est également un enjeu majeur. Aujourd’hui, il y a seulement 200.000 Français de l’étranger sur plus 2 millions qui sont inscrits aux caisses des Français à l’étranger. Tout au long de ma campagne j’ai rencontré des familles en grand désarroi. Beaucoup n’ont pas les moyens de se faire soigner. Les citoyens français établis hors de France doivent pouvoir bénéficier de la même solidarité que nos compatriotes de métropole.

Enfin, dans un contexte de lutte antiterroriste, beaucoup de nos compatriotes s’inquiètent de l’insécurité. L’État doit être capable d’y répondre. Cela doit se traduire de deux manières : le renforcement de notre coopération sécuritaire avec tous les Etats de la région, qui, comme nous, sont aujourd’hui sur la ligne de front face au terrorisme. Nous devons aussi poursuivre l’effort entrepris sous le quinquennat de François Hollande visant à sécuriser l’ensemble de nos emprises dans cette région.

Tout au long de la campagne, au fil des échanges que j’ai pu avoir avec tous les Français rencontrés (et ils ont été nombreux !), j’ai construit un projet autour de 5 grandes thématiques déclinées en 20 propositions pour contribuer à une égalité réelle des droits entre Français de l’étranger et Français de métropole. Je vous invite à les découvrir sur le site internet de campagne : www.didierlebret2017.fr

 

– Quel bilan portez-vous sur l’action du député sortant? Sur quel (s) plan (s) auriez-vous agi différemment ?

Pouria Amirshahi a été un bon député. C’est un homme de conviction. Il est resté proche du terrain et a su traduire en actes les engagements pris durant sa campagne. Sur l’adoption, par exemple, il a fait un travail remarquable. Comme auteur d’un rapport important sur la Francophonie, il a également été à l’origine de nombreuses propositions qui sont encore d’actualité et qui ne demandent qu’à être mises en œuvre, comme le visa francophone et la création d’un Erasmus francophone. A cet égard, je m’inscris dans la continuité de son action.

 

– Quelle est votre réaction à l’élection d’Emmanuel Macron ? Si vous êtes élu, allez-vous soutenir son travail ou être dans l’opposition ? 

Cette élection est historique à plus d’un titre. Elle témoigne de la volonté claire des Français de renouvellement et de rajeunissement du champ politique : des hommes, des mœurs, mais aussi des pratiques. Ce message est positif, il a permis de faire rempart au Front National et de montrer ainsi à la face du monde que notre pays avaient conservé des réflexes démocratiques sains, républicains ! Mais il ne faut pas non plus perdre de vue l’autre message, en creux : 22 millions de Français ont donné leurs voix à des appels extrêmes, à une forme de violence à peine contenue. Un électeur sur trois au deuxième tour a voté blanc ou s’est abstenu. C’est un record absolu. Cela dit aussi l’état de désarroi d’une partie des Français.

Pour ces raisons, parce qu’il faut à la fois souhaiter que notre pays rebondisse, mais ne pas faire pour autant la sourde oreille au cri de détresse des exclus de la mondialisation, je serai un député d’opposition constructive. En prenant soin, une fois encore, de n’exclure personne, de ne pas faire porter les efforts sur les plus démunis, de redonner de l’espoir aux jeunes, je considère que le chemin proposé par Emmanuel Macron à notre pays n’est en rien incompatible avec nos valeurs et notre vision de l’homme et de la société. Il nous faudra toutefois demeurer vigilants et peser ainsi sur les choix qui pourront être faits. Durant mon mandat, en conclusion, je me battrai pour le progrès, la justice sociale, la fraternité, la construction d’un monde plus solidaire, la transition écologique. Bref, je serai un député de gauche pour notre circonscription.

Pauline Autin  (www.lepetitjournal.com/dakar) jeudi 1er juin 2017

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