“J’ai été sidéré par la puissance du débat autour de la constitution tunisienne”
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Entretien Didier Le Bret – Tunis
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Didier le Bret, candidat du Parti Socialiste aux élections législatives 2017, pour la 9e circonscription des Français de l’Etranger

Le coordonnateur national du renseignement à la présidence française, Didier Le Bret, a pris la décision de quitter ses fonctions, en septembre dernier, pour se présenter aux élections législatives de 2017, dans la 9e circonscription et sous l’étiquette du Parti Socialiste. Interview

photo : creative commons DELPHINE GOLDSZTEJN

Lepetitjournal.com/Tunis : Pourquoi avoir choisi de vous présenter aux législatives 2017, dans la 9e circonscription ?

Didier Le Bret : C’est le prolongement de vingt-cinq années au service de mes compatriotes dans le cadre de mes différentes missions diplomatiques, dans tous les domaines : le développement, la culture, la négociation multilatérale, la gestion de crise, la sécurité … C’est aussi le choix d’une géographie, le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest, qui m’est désormais familière, que je pratique de longue date. C’est enfin un souhait : continuer de servir mon pays, de mettre mon expérience au service de mes compatriotes, mais autrement. En contribuant à l’élaboration de lois qui les protègent, les défendent, et puissent concourir aux bonnes relations que nous entretenons avec tous les pays de la circonscription.

Quelles sont selon vous les principales attentes des Français y résidant ?

J’en vois au moins trois : pouvoir vivre en sécurité, scolariser dans de bonnes conditions leurs enfants, avoir accès à des soins de qualité. A ces attentes de base, il faudrait ajouter d’autres préoccupations : trouver des réponses adaptées à leur situation particulière auprès de nos services consulaires, être soutenus dans leurs démarches liées à la recherche d’emplois, de stages, particulièrement pour les jeunes, et pour les PME, disposer d’une assistance adaptée à leurs besoins pour pouvoir travailler à l’international. Enfin, le retour en France constitue également une source de préoccupation pour nos compatriotes et ils souhaitent pouvoir être accompagnés.

Quel est votre parcours et votre implication passés auprès des Français de l’étranger ?

Je suis entré en Quai d’Orsay en 1991, après un premier séjour en URSS de deux ans. J’ai suivi les bouleversements qui se sont produits à l’Est de l’Europe pendant près d’une décennie. J’ai eu ensuite la chance de pouvoir travailler pendant quatre ans à la mission française auprès de l’ONU. De retour en France, je me suis vu confier la mission exaltante de défendre l’exception culturelle au moment où notre dispositif de soutien aux industries culturelles était menacé et risquait de passer sous les fourches caudines des règles de l’OMC.

J’ai ensuite été nommé chef du service de coopération et d’action culturelle à Dakar. Ce furent deux années particulièrement riches de découvertes et d’amitiés. J’ai appris aussi à quel point nous devions être modestes dans note approche du développement : les recettes miracles n’existent pas et l’écoute est bien le préalable indispensable à toute action de coopération efficace. J’ai pu ensuite tenter d’appliquer à une échelle plus globale ce que j’ai appris sur le terrain, en étant conseiller, puis directeur de cabinet adjoint de deux ministres délégués à la coopération. Mais sans doute l’expérience la plus marquante de ma carrière aura été Haïti, où j’ai eu le triste privilège d’être présent au moment de l’une des pires tragédies qu’ait jamais connu ce pays : le séisme de janvier 2010 qui a fait près de trois cent mille victimes. J’ai ainsi conduit et animé pendant plus de trois ans, avec des équipes formidables, dévouées corps et âmes, l’une des plus grosses interventions humanitaires de la France.

De retour à Paris, Laurent Fabius m’a demandé de diriger le Centre de Crise. Ce fut là encore trois années absolument passionnantes, à un moment où notre pays était très exposé, où nous venions de lancer l’opération Serval et où nous étions également engagés en Centrafrique. La crise syrienne, avec son lot de souffrances pour les civils a également fortement mobilisé le CDC durant toutes ces années. Il me revenait enfin de maintenir le lien avec les familles d’otages et de les accompagner.

La suite, vous la connaissez, l’Elysée dans les fonctions de coordonnateur national du renseignement, au moment où notre pays subissait de plein fouet l’une des pires vagues d’actes de terrorisme sur le territoire national.

Quels sont les sujets que vous comptez défendre en priorité devant le Parlement ?

Au moment où la demande de scolarisation en français augmente et nos moyens stagnent, nous devons faire de notre réseau d’écoles françaises le fer de lance de notre politique d’influence. Mais aussi, dans le prolongement, il nous faut donner un second souffle à la francophonie. Des propositions très concrètes ont été faites par le député sortant, Pouria Amirshahi. J’en retiens deux : l’idée d’un visa francophone et celle d’un Erasmus francophone. Dans les deux cas, il s’agit d’encourager la mobilité, mais aussi l’intégration régionale.

Quelles attentions particulières méritent les pays de la 9e circonscription ?

L’offensive des groupes terroristes dans toute la région au cours des dernières années a mis à rude épreuve des économies fragiles. Le tarissement des flux touristiques a également eu un impact très négatif. Il nous faut donc ensemble préparer la riposte, en renforçant encore notre coopération. Mais il nous faut aussi apprendre à ne pas surréagir afin de ne pas pénaliser ni dissuader outre mesure les échanges et les investissements. Bref, nous devons apprendre à tenir bon dans la durée.

Comment pensez-vous gérer vos permanences dans les différents pays de votre circonscription pour être au plus près des Français basés dans la région ?

Je souhaite m’appuyer sur les comités de soutien dans chacun des pays de la circonscription, mais pour toucher tous mes compatriotes et faire remonter leurs préoccupations, outre le réseau des conseillers consulaires, je mettrai à leur disposition une interface numérique pour garder le contact malgré la distance, être à leur écoute. J’ai aussi pour ambition de soumettre au vote citoyen des projets qui pourraient faire l’objet de financements à partir de la réserve parlementaire. Un budget participatif en quelque sorte à l’échelle de seize pays !

Par l’intermédiaire de cette interview, que souhaiteriez-vous dire à la communauté française de votre circonscription et particulièrement celle de Tunisie ?

Votez Didier Le Bret !
DEPLACEMENT EN TUNISIE :

Didier Le Bret est en déplacement en Tunisie du 6 au 12 février.
Il tiendra une réunion publique le vendredi 10 février à l’Agora à partir de 18h30, au 5 avenue Taïeb El Mhiri à La Marsa.
Renseignements et inscriptions : katyalong@yahoo.fr – event FB

Biographie

Né le 25 mars 1963 dans le 18e arrondissement de Paris, Didier Le Bret est un diplomate français. Il a exercé les fonctions de :

– Conseiller à l’Administration centrale (Europe), 1991 – 1993 ;
– Troisième Secrétaire à Moscou, juin 1993 – janvier 1994 ;
– Deuxième Secrétaire au même poste, 1994 – 1996 ;
– Premier Secrétaire à Vilnius, 1996 – 1998 ;
– à la Mission Permanente de la France auprès des Nations Unies à New York, 1998 – 2002 ;
– à l’Administration centrale (Coopération Internationale et développement), délégué dans les fonctions de Sous-Directeur du cinéma et de la coopération audiovisuelle, 2002 – 2005 ;
– Deuxième Conseiller, Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle à Dakar, 2005-2007 ;
– Conseiller, puis Directeur adjoint au Cabinet du Secrétaire d’Etat, chargé de la Coopération et de la Francophonie, juillet 2007 à septembre 2009.

– Ambassadeur de France en république d’Haïti de 2009 à 2012.

En 2013, Il occupe les fonctions de directeur du Centre de crise et de soutien du ministère français des Affaires étrangères.
Didier Le Bret est ministre plénipotentiaire depuis le mois de février 2015. Le 29 avril 2015, il est nommé ambassadeur à la gestion des crises à l’étranger.
Lors du Conseil des ministres du 3 juin 2015, il est nommé coordonnateur national du renseignement (intérieur, extérieur, militaire, douane et anti-fraude financière).
Didier Le Bret a été auditeur de la 61e session de l’Institut des hautes études de Défense nationale (IHEDN).
Le 24 juillet 2016, L’Opinion révèle son lancement en politique, Didier le Bret doit quitter l’Élysée en novembre 2016 pour se présenter aux législatives dans la 9e circonscription des Français de l’étranger sous l’étiquette du PS.
Il est chargé du projet Affaires étrangères dans la campagne de Vincent Peillon pour la primaire citoyenne de 2017.

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