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Carnet de campagne – à votre rencontre au Maroc

Mes chers compatriotes,
Chers amis du Maroc,
Je tenais à partager avec vous quelques temps forts de ma récente semaine au Maroc. Ce carnet de bord est aussi, pour moi, une façon de remercier celles et ceux qui m’ont accueilli avec bienveillance et de consigner par écrit idées et projets pour l’avenir.
Comme pour chacun de mes déplacements, j’ai tenu à rencontrer le plus largement notre communauté au cours de réunions publiques, mais aussi d’entretiens individuels.
Rencontre avec l’ADFE-Français du Monde
Il y a eu des moments festifs. Ce fut le cas, dès la première soirée de mon arrivée, samedi 11 mars, puisque j’ai été convié au dîner dansant de l’ADFE-Français du Monde. Soirée très festive, qui m’a permis de rencontrer une association parmi les plus engagées auprès de nos compatriotes (aide à l’installation, conseils en matière d’état civil, vie sociale et culturelle…).
Cinq ans plus tôt, le député sortant, Pouria Amirshahi, alors candidat, avait également eu la chance de partager ce moment festif : Français du Monde, gage d’élection ?!
Situation sur le Contrat de travail des étrangers (CTE)
 
A Rabat toujours, j’ai pu faire le point sur un sujet sensible : le Contrat de travail des étrangers (CTE). Il s’agit pour les salariés français du Maroc de mieux faire valoir leurs droits dans le cadre des évolutions de la jurisprudence marocaine. Suite aux interventions de notre ambassade, du sénateur Jean-Yves Leconte et à force de mobilisation de l’association de défense des travailleurs français et européens résidant au Maroc, le Ministère de l’emploi et des affaires sociales marocain s’est engagé à procéder à des changements importants. Ils visent à éviter qu’à l’avenir les salariés étrangers qui ont signé un CDI ne se fassent licencier sans indemnités et sans préavis au motif que le visa arrive à échéance. J’ai pris l’engagement de relayer ces demandes légitimes une fois élu.
Un travail est à mener sur l’éducation des Français à l’étranger
 
Dans les trois villes du Maroc où je me suis rendu, à Rabat, Casablanca et Marrakech, j’ai tenu à chaque fois à rencontrer les personnels de nos établissements scolaires (enseignants, syndicalistes, responsables administratifs), mais aussi les parents d’élèves via les APE. Ce qui se joue au Maroc aujourd’hui est considérable. La France, à travers son réseau éducatif et culturel, le plus important au monde, qui compte aujourd’hui une quarantaine d’établissements scolaires tous status confondus, mais aussi une douzaine d’instituts français, accueille au total plus de 30 000 élèves et presque autant d’apprenants en langue française. Ce poids de la France dans le paysage éducatif marocain nous confère une responsabilité particulière. Et nous sommes en réalité partie prenante dans les grands changements opérés par le Royaume depuis plusieurs années, avec la scolarisation massive des jeunes marocains et bien sûr l’introduction du français dès le collège, et non plus seulement à l’université.
Au moment où la demande marocaine d’enseignement en français n’a jamais été aussi forte, nous ne sommes plus en capacité de répondre. Pire, la lente érosion de nos moyens se poursuit et si rien n’est fait, nous risquons de ne plus pouvoir maintenir notre vivier d’enseignants titulaires, condition sine qua non de la qualité de nos établissements. Le financement des voies professionnelles, des dispositifs soutenant l’inclusion des élèves en situation de handicap doivent eux aussi être maintenus si ce n’est augmentés pour que l’excellence de notre système scolaire perdure. Il nous faut enfin pouvoir garantir pour les familles marocaines
un accès égal aux “fratries” et les frais de scolarité doivent être maîtrisés. Ce défi est majeur. Ne pas y répondre, c’est prendre le risque de voir le Maroc s’éloigner de la France, rechercher d’autres partenaires, alors même que tout nous rapproche : la langue, la géographie, une même vision du développement et de la transition écologique (avec la COP 21 à Paris, puis la COP 22 à Marrakech), des intérêts industriels convergents, la mobilité de nos jeunes…Ce sera, vous l’avez compris, l’un de mes principaux combats.
Permettons à nos entrepreneurs de réussir dans le monde
 
A Casablanca, comme à Marrakech, j’ai eu également la chance de pouvoir rencontrer des entrepreneurs, Français expatriés ou résidents, ou Franco-Marocains de retour au pays. Inutile d’ailleurs d’aller très loin pour les croiser. Ma première rencontre fut avec Rani Elakri, fondateur et directeur de l’hôtel Gauthier, dans le très beau quartier art déco de Casa. Son parcours, de Dijon à Casa, est étonnant. Un peu amer sur les tracasseries dont il a été victime en France, il fait contre mauvaise fortune bon cœur et franchit le pas : retour au pays. A en juger par la fréquentation de l’hôtel, son animation et sa programmation culturelle, visiblement, Rani a gagné son pari. Qu’il soit remercié ici pour l’accueil chaleureux qu’il m’a réservé !
D’autres témoignages d’autres entrepreneurs français, membres de la CCI de Casablanca, une des plus importantes au monde, m’ont permis de mieux cerner les opportunités et les défis auxquels sont confrontés nos compatriotes. Parmi eux figurent en bonne place les délais de paiement, quand il ne s’agit pas purement et simplement de défauts de paiement, dans un contexte de contrôle insuffisant sur les provisions des chèques émis. Mais tous reconnaissent que des progrès ont été faits sous le quinquennat de François Hollande pour simplifier les démarches des PME françaises et les accompagner de manière plus efficace. Tout le spectre des entreprises françaises est représenté au Maroc, du CAC 40 aux PME/TPE, sans oublier aussi les industries culturelles. Je saisis l’occasion pour saluer Caroline et son mari, qui après avoir mis en ligne une librairie virtuelle, ont récemment ouvert une librairie physique à Casa. Elle s’appelle “livremoi”, rue Kouakibi, toujours dans le quartier Gauthier. Je vous livre l’info, faites en bon usage, la librairie vaut le détour !

Sécurisons l’adoption des enfants entre la France et le Maroc
 
Je voudrais terminer ce carnet de voyage par un sujet qui me touche beaucoup : l’adoption. Lorsque j’étais ambassadeur en Haïti, ce fut pour moi un sujet de préoccupation permanent et de mobilisation constante. Je sais aussi combien ces questions sont délicates, sensibles. En écoutant Mme Fatima Zahra Alami, présidente de l’association APAERK, m’exposer la situation au Maroc, j’ai pu mesurer l’ampleur du phénomène. La “kafala” touche potentiellement 60 000 enfants, pour la plupart abandonnés, faute pour les familles de pouvoir subvenir à leurs besoins, mais aussi parce que conçus hors des liens du mariage. Il y a donc sur ce sujet là encore un champ important de coopération entre nos deux pays. Dans l’intérêt supérieur des enfants, nombre de familles françaises d’adoption se battent pour obtenir la reconnaissance plénière de ces enfants. Le droit marocain évolue, mais beaucoup de familles sont encore dans l’incapacité de pouvoir donner à leurs enfant la nationalité française. Ce vide d’état civil pour ces enfants est source de difficultés pour les déplacements, la scolarisation, l’héritage…Ce combat avait été porté avec force et conviction par Pouria Amirshahi. Je compte également le faire mien.
Un grand merci pour votre accueil, à très bientôt
 
En guise de conclusion, je souhaite remercier ici toutes celles et ceux qui m’ont chaleureusement accueilli, m’ont parlé sans détours de leurs problèmes et m’ont fait part de leurs suggestions. Avec une mention spéciale pour Marion Berthoud, ma fantastique suppléante, et les trois amies qui m’ont accompagné durant mon déplacement marocain : Christine Léger à Rabat, Morgane Lalanne à Casablanca et Bérangère El Anbassi-Borrewater à Marrakech.
Un nouveau déplacement au Maroc est prévu pour le mois de mai. Dans toutes les villes, j’y tiendrai réunions publiques et permanences.
A très bientôt,
Didier Le Bret

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