Et maintenant ?
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Carnet de campagne – à votre rencontre en Côte d’Ivoire

Mes cher compatriotes,
Cher amis de Côte d’Ivoire,

Comme je le fais pour chacun de mes déplacements, j’ai le plaisir de partager avec vous les principaux enseignements que je tire de mon récent déplacement à Abidjan, mi-avril, et d’en évoquer les temps forts.

Dès mon arrivée, j’ai pu rencontrer chez Maurice Courcier des amis et sympathisants, ainsi que le « noyau dur » de mon comité de soutien. Pour la plupart d’entre eux, ils ont lié leurs destins à celui de la Côte d’Ivoire. Durant les crises qui ont émaillé l’histoire récente du pays, certains, comme Maurice, ont fait le choix de rester. D’autres sont partis, et puis sont revenus aussitôt que les conditions de sécurité ont été restaurées. Comme beaucoup de nos compatriotes, ils constatent les progrès indéniables qui ont été accomplis au cours des dernières années (retour à la paix civile, croissance, investissements, infrastructures, retour de la diaspora…), mais ils s’inquiètent également de l’insuffisante redistribution notamment en direction des plus démunis. Tandis que la Côte d’Ivoire connaît une croissance de 8% en moyenne sur les six dernières années, selon les Nations Unies, l’indice de développement humain aurait, lui, peu progressé (le taux de pauvreté passant de 51% en 2011 à 46% en 2015).

A la CCI France Côte d’Ivoire, où j’ai eu un long entretien passionnant avec son Directeur général, Jean-Louis Giacometti, et son Vice-président, Hervé Chaudron, on a également foi en l’avenir. Forte de ses 900 adhérents, dont 80% des PME, pour près de 122 000 employés, la CCI est aux côtés des Ivoiriens pour informer et orienter nos entreprises, mais elle participe également très activement à la formation des adhérents et à leur mise en relations avec des entreprises ivoiriennes. Nous avons enfin débattu des réformes entreprises au cours des dernières années (fusion d’Ubifrance et de l’Afii), ainsi que des besoins importants du pays en formation professionnelle.
J’ai également tenu à visiter l’université F.H Boigny, où j’ai été chaleureusement reçu par son Président, le professeur Abou Karamoko, qui dirige l’un des plus vastes campus universitaires à l’échelle du continent africain : 50 000 étudiants répartis sur des dizaines de sites dans un espace de plus de 200 hectares ! A travers un contrat dit de désendettement et de développement (C2D) de plus de 2 milliards d’euros, la France a également investi ce champ crucial pour l’avenir du pays et de nos relations. 170 millions d’euros sont ainsi consacrés à l’éducation, l’enseignement supérieur, la recherche et la formation professionnelle. Souvent le parent pauvre de notre coopération, cet effort de la France mérite d’être souligné. Il nous permet ainsi d’accompagner les mutations en cours : transition numérique, partenariat avec de nombreuses universités françaises (co-diplomations, doubles cursus…).

La présence de l’IRD et du CIRAD au sein même de l’Université F.H. Boigny témoigne également des évolutions profondes de nos structures de recherche, qui sont désormais pleinement intégrées aux structures universitaires locales et parfaitement en phase avec les priorités de la recherche nationale. Jean-Marc Hougard, le représentant de l’IRD pour la Côte d’Ivoire, a ainsi pour mission de mettre l’accent sur la modélisation des changements climatiques, avec l’installation d’un des plus importants « super calculateurs » d’Afrique, mais aussi d’intensifier la recherche sur les maladies à vecteurs (comme la maladie du sommeil). La présence au sein même du campus d’un conseiller technique, M. Mohammadou Merawa, contribue à la bonne articulation de nos programmes avec l’Université F.H. Boigny.

Comme pour chacun de mes déplacements, j’ai visité les établissements scolaires français ou sous contrat. Le Lycée français Blaise Pascal en impose avec ses magnifiques infrastructures, sa piscine olympique, ses élèves en uniformes qui saluent poliment le proviseur, passionné par sa mission et conscient de sa responsabilité pour maintenir l’excellence académique de son établissement. Et la petite école La Farandolle, dirigée d’une main ferme et bienveillante par son couple fondateur, M. et Mme Trahouzi, complète bien le dispositif.

Au-delà, se pose la question pour nos compatriotes de savoir comment assurer les meilleures conditions d’études à leurs enfants une fois rendus en France. J’ai été interpellé à plusieurs reprises par des parents qui s’estiment pénalisés par les conditions actuelles d’octroi des bourses universitaires des étudiants français de l’étranger. Si je suis élu, je prends l’engagement de poursuivre le travail accompli par nos parlementaires de gauche, Pouria Amirshahi, Hélène Conway-Mouret et Claudine Lepage, pour obtenir un alignement du régime sur celui dont bénéficient actuellement les Français des territoires d’Outre-Mer.

Chez notre compatriote Franck-Emmanuel Calderat, dans l’un de ses célèbres « BMW », j’ai rencontré des représentants d’ONG françaises et ivoiriennes engagées dans la promotion et la défense des droits de l’homme. Job Sodjinou se bat pour améliorer le quotidien des détenus. Son indignation n’a d’égale que son enthousiasme pour faire bouger les choses notamment pour les plus jeunes détenus. Cristal Sarr Traoré aide bénévolement les « nounous » à se forger un destin en dehors de la domesticité. Aux côtés des victimes, Driss Traoré milite à la tête de la FIDH contre l’impunité. Catherine Affri est le trait d’union entre femmes binationales. Stéphanie Hass pratique l’art-thérapie et fait de la médiation artistique. Sans oublier, bien sûr, l’Association française de Bienfaisance, qui vient en aide à nos compatriotes en difficulté, et qui est présidée par Yvonne Trah Bi, conseiller consulaire. Avec pour chacune et chacun une même passion, un même engagement : être aux côtés des plus démunis…

Enfin, pour saluer nos compatriotes de Grand-Bassam, comme je l’avais fait à Abidjan, j’ai également organisé une réunion publique. Sur place je me suis rendu à l’Etoile du Sud, où quatre de nos compatriotes ont péri lors de l’attentat perpétré le 13 mars 2016. Avant de partir, je me suis recueilli devant le monument érigé en mémoire des 19 victimes.

En guise de conclusion, je voudrais remercier toutes celles et ceux qui m’ont aidé à préparer rencontres et événements et à faire de ce déplacement en Côte d’Ivoire un moment riche en expérience, en témoignages et en propositions. Avec une mention spéciale pour les trois dames de cœur et de choc qui m’ont « supporté » (dans tous les sens du terme) trois jours durant : Yvonne, Léa et Jackie.  Manassé Memel, le Président de mon comité de soutien pour la Côte d’Ivoire, n’a plus qu’à faire fructifier l’héritage avec le soutien de Maurice, Ghislaine, Renée, Monique, Franck, et de nos plus jeunes activistes, Fleur et Marine ! A toutes et à tous, un grand merci.

1 Commentaire

  1. Barni julien dit :

    Bonjour et merci de l’intérêt porté aux français établi en côte d’ivoire,j’ai bien lu votre lettre de campagne et je retiens beaucoup de points positifs cependant j’aurais une requête ;pouvoir mettre en contact les français demandeurs d’emploi en relation avec les entreprises françaises en c.i car actuellement il n’y a aucune structure pour ça et la CCI ne le fais pas car ce n’est peut-être pas son rôle. Cordialement Mr Barni julien

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